Dimanche 18 juin 2006
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16:12
coucou les margouillats,
me voila depuis 3 jours dans le sud du Cambodge. J'ai quitte Phnom Phen jeudi. Dommage que je n'aie pas eu d'appareil photo pour immortaliser le joli chargement du mini-van ou j'ai embarque ! Un vieux Hyundai (vieilli prematurement par son usage intensif, comme tous les vehicules d'Asie !) bleu marine, dans la station de mini-bus qui prennent la route du sud, sous un soleil violent. Je me laisse entrainer vers celui-la, son rabatteur m'ayant attrape avant meme que je descende de mon tuk-tuk. Acquiessant les 3 dollars proposes, je file en suivant ce type qui me tient par le bras pour le pas se faire voler le precieux etranger (etant entendu que je paie evidemment un peu plus qu'un local -le principe, s'il n'est pas applique de maniere abusive comme au Vietnam, me semble tout a fait justifie par le dementiel pouvoir d'achat dont on jouit, uniquement par le jeu des changes et la force de l'Euro, a laquelle je contribue assez peu !). J'appercois parmi l'hyper activite de la station, un peu plus loin, un van particulierement pittoresque, avec deux bons metres cubes de chargement insolite a l'arriere. Satisfaction : c'est vers celui la qu'on m'amene ! J'ai deja vu de beaux chargements dans le reste de l'Asie du sud est et en Afrique (ainsi qu'a l'occasion de quelques camps avec les eclaireurs !!), mais celui-la a son truc a lui ! A vue de nez, 400 ou 500 (??) bouteilles de coca en verre (ces pays ont le bon sens de pratiquer le consignage...) bien rangees, empilees sur une petite plate forme fixee en continuite du plancher du coffre, dont la porte est du coup grande ouverte. Deux grands paniers ronds en rotin, de 80 cm de diametre, semblent poses dessus (a l'arriere, en superposition -principe de superposition qui me semble-t-il va aussi etre applique a mon gros sac a dos, vu l'exiguite de l'abitacle et ses passagers deja nombreux (les 9 places assises vont encore une fois etre sur-bookees). Effectivement, mon sac est souleve et pose dans un des paniers en rotin, puis solidarise au reste avec un autre bout de corde. Je participe aux manoeuvres, ce qui provoque le sourire approbateur des gens autour (ma taille aide bien, en general). Vient ensuite un gros sac de legumes verts inconnus -sorte d'epinards- au volume comparable a mon sac a dos, et -surprise- une roue de tracteur que j'aide a ficeler par dessus mon sac. Je remarque que le tout est relie a une corde qui prend appui aux 2 articulations de la porte du coffre... inch Allah ! Leurs installations tiennent toujours. Une fois encore, je m'en persuade. En fait ce van ne dispose pas de galerie, donc son chauffeur compense ce lourd handicap en placant l'automatique volumineux chargement a l'arriere.
Je grimpe dans le van, on m'indique une place a l'arriere (deja 3 personnes plus un bebe, sur cette petite banquette de 3 petites places), je m'incruste donc entre deux petits vieux au sourire rieur (un homme et une dame), dans un geste gymnique peu esthetique, remarquant que notre banquette est distante de celle qui la precede d'une dizaine de cm tout au plus... Je comprends donc que je vais passer le trajet (3-4 h) avec les genoux au niveau du nez. Mon thermometre indique 37 degres, nette impression de beaucoup plus ! Pas d'air, et on n'en finit pas de partir, le rabbateur ayant bien du mal a trouver de quoi finir le "chargement" !! Ma voisine m'offre quelques larves grillees, un peu surprise que je les accepte volontiers et sans hesitation (j'ai deja goute a ces bons petits encas proteines ailleurs..), je lui offre une banane. Le bebe me regarde en se marrant, sa jolie maman s'en trouve genee ! On finit par demarrer..
La route vers Kampot fut tres jolie, notamment grace au spectacle qu'offrait le soleil couchant dans la continuite de palmiers a sucre, riziere, et petite chaine de montagne. Toujours autant de sourires, de grands signes et de "hello !" de la part des habitants au bord de la route... je commence a revasser, en profitant des doux rayons de soleil et du vent...
Une journee a glander ici, balade dans les rues (quelques anciennes barraques de negociants francais, d'un style colonial discret mais globalement harmonieux), papotages avec quelques marchands, toujours aussi prompts a chercher un rire complice... je lis "le Portail", ce temoigne d'un francais qui fut prisonnier des khmers rouges. Poignant. J'ai lu ce livre en deux jours, je crois que ca ne m'etait jamais arrive. Je creuse, je creuse...
puis deux journees ou j'ai loue un petite moto -la plus pourrie que j'aie chevauchee en Asie, de loin. Je partais passer une nuit a Kep, ancienne station balneaire des francais, puis des riches cambodgiens de la periode pre-revolutionnaire. La route fut magnifique, je me suis laisse perdre sur des petits chemins en suivant initialement la bordure de la riviere, qui mene a la mer (original, non ?). Passage dans de jolis petits villages de Chams (les musulmans d'Asie du sud est), majoritairement pecheurs, ou qu'ils soient. Le chemin se retrecissant m'amene a un dernier petit groupe de maisons, ou les locaux me voient arriver avec un sourire etonne. Toute la famille prend l'ombre entre les hauts pilottis de la maison, comme le font tous les khmers quand il fait chaud. On m'indique une direction par laquelle je suis suppose rejoindre la route. je m'y essaie, mais doit me resoudre a faire demi-tour apres un quart d'heure, ma petite becanne n'etant pas taillee pour rebondir sur les petits murets qui bordent les rizieres ! N'etant pas ne ici, je ne suis pas le plus abile dans cet art... Je prends donc un autre chemin, plus praticable, et m'emerveille devant les paysages que je traverse... Petits bleds epars, maisons de bois peint sur pilottis, rizieres vertes (riz en pousse, alors qu'ailleurs les "vasques" des rizieres sont encore seches : j'imagine que les locaux organisent des petits systemes d'irrigation pour pouvoir cultiver toute l'annee les modestes quantites de riz necessaires a la consommation locale), gens souriants (ca semble etre un pleonasme ici !), gamins qui jouent, velos, calme, palmiers et cocotiers bordant les rizieres (le Cambodge a ete defriche a 70%..), une superbe lumiere etune brise douce qui fait oublier la persistance du soleil (qui deja me crame les bras)... J'arrive finalement a Kep...
Kep surprend, si on y passeun peu de temps... Je me suis engage sur ce qui ne semblait etre que des chemins de foret. Apres quelques metres, je remarque sur les cotes des murets, style annees 60 ou 70, laisses a l'abandon. Et au coeur de la vegetation, les murs de vieilles demeures cossues, dont on a arrache le toit, les portes et fenetres... Partout, ce spectacle : les nouveaux habitants squatent ces vieux murs, ou habitent une petite maison en bambou dans ce qui est devenu de la foret... Les gens d'ici se sont servis en materiaux sur ces maisons laissees a l'abandon, au cours des famines qui ont suivi la liberation du pays par les Vietnamiens en 79 (les stocks de riz ayant ete detruits). Une activite semble renaitre, grace a un embryon de tourisme. Quelques petits restau installes en bord de mer dans des cabanes en bois servent de delicieux petits crabes avec le poivre du coin, un des meilleurs de la planete dit-on. Et globalement, cette impression de cite-fantome, vaincue par la vegetation comme le fut Angkor !! Ici seulement en l'espace de 30 ans. La guerre a ete dure ici comme ailleurs, avant et apres la periode ou les KR etaient au pouvoir...
Je suis rentre a Kampot aujourd'hui, sur une superbe route une fois de plus.. quel delice !!
Et me voila la, ce soir. Il parait que les bleu defendent ce soir les couleurs de la France pour la coupe du Monde. Autant dire que je m'en fous. Beaucoup plus que les khmers, peuple joueur, qui voient la une nouvelle occasion de miser des sous pour des paris. C'est le grand truc ici. Il y a des tableaux Veleda un peu partout avec les pronostics...
bisous !
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